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  • : Art blog Factory : le monde visuel de François Boussuge
  • : D'abord illustrateur de presse, mon travail de plasticien a longtemps tourné autour de la disparition des espèces de notre petite planète.Après un travail sur papier découpé (kirie), le dessin s'est affirmé de nouveau, à travers le corps masculin, dans une approche qu'on pourrait qualifier de "gay queer art". Bienvenue dans mon cabinet de curiosités.
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9 septembre 2008 2 09 /09 /septembre /2008 18:09
Ce papier découpé est né d'un sujet que j'ai donné à mes élèves l'année dernière: le corps humain. Au passage, je suis très étonné du résultat. Mais je souhaitais aujourd'hui exposer ma pensée qui se cache derrière ce thème qui est davantage qu'un sujet de représentation. Je suis profondément persuadé aujourd'hui que la pulsion artistique est soumise à notre corps, à ses marques accumulées dans le passé autant qu'à son état présent. Il n'y a pas d'art s'il n'y a pas de corps physique. En cela je m'oppose vigoureusement à toute cette branche du "marché" artistique qui ne met en avant que l'idée, le concept, la communication verbale. Je l'avais déjà dis ici ( il y a un an presque jour pour jour) en citant Stanley Kubrick. Cette oblitération du corps dans l'art largement soutenu par le marché dit "contemporain" est symptomatique d'une pensée orgueilleuse, la même qui fit dire à Platon que l'esprit seul mérite notre admiration aux dépens du corps, résidu de notre animalité. Platon dont se sont largement inspiré les pères fondateurs de l'église chrétienne... La stature provocatrice d'un Marcel Duchamp me fait immanquablement penser, lorsque je la croise chez mes contemporains, aux prêtres noirs de l'inquisition espagnole. Faites-en l'expérience: dites du mal de Duchamp à n'importe quel artiste qui cherche la reconnaissance des grandes foires d'art contemporain (Venise, Basel, Miami...), vous avez de forte chance de vous heurter à un conformiste sectaire soi-disant avant-gardiste. Malheureusement, les avant-gardes ont maintenant 100 ans, et elles n'ont pas empêché le triomphe du matérialisme et de la barbarie. J'espère encore que le rôle de l'artiste est d'apporter un peu de surprise et d'authenticité, en plus du plaisir, car aujourd'hui il me semble être le programme le plus provocateur dans un monde ou tout nous est servi selon les règles du marketing. Cette surpise et cette authenticité sont lovées dans notre chair, tout autant sinon plus que dans notre faculté de penser.


This papercut came from a topic I gave to my pupils last year: the human body. By the way, I am very astonished by the result. But today I would like to expose my thoughts which hides behind this topic which is more than a subject of representation. I am deeply convinced that the artistic impulse is subjected to our body, with its accumulated marks from the past as much as its present state. There is no art if there is no physical body. On that point  I am vigorously opposed to all this artistic market which proposes only the idea, the concept, the verbal communication. I already said this before (almost one year ago day for day) by quoting Stanley Kubrick. This obliteration of the body in the art largely supported by the "contemporary" market is symptomatic of a proud thought, the same one which made Plato say that only spirit deserves our admiration at the expense of the body, residue of our animality. Plato whose the founding fathers of Christianism  were largely inspired by  … The provocative stature of a Marcel Duchamp inevitably makes me think, when I cross it at my contemporaries, of the black priests of Spanish enquiry. Experiment it yourself: talk in bad of Duchamp to some artist who seeks the recognition of the large contemporary art fairs (Venice, Basel, Miami…), you have a big chance to meet a sectarian avant-gardist conformity. Unfortunately, the avant-gardes now are 100 years old, and they did not prevent the triumph of the materialism and cruelty. Istill hope that the role of the artist is  to bring a little surprised and authenticity as well as pleasure, because today it seems to me to be the most provocative program in a world where all is thought according to the rules of marketing. This surpise and this authenticity are coiled in our flesh, as much as, if not more than in our faculty to think.





woman

Papier découpé 50 X 65 cm
Papercut  19.5" X 25.5"

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Published by François Boussuge - dans papiers découpés - papercuts
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commentaires

Louise 09/09/2008 20:24

C'est exactement ça quand je passe par chez vous ! Pas de calcul ! Tout dans la surprise et le plaisir ... tout simplement !

François Boussuge 10/09/2008 09:35


C'est sympa Louise! Merci!